Blog d'une maman débordée, accessoirement infirmière à ses heures perdues...

04 avril 2016

Colosses aux pieds d'argiles

En étant petite, je me suis souvent imaginée que les adultes qui m'entouraient savaient tout, géraient tout, encaissaient tout. Qu'ils ne pleuraient pas, qu'ils respectaient les règles (fixées par la société et la bienséance), bref, qu'ils étaient des demi-dieux que j'avais soigneusement mis sur des piédestaux.

Et puis en grandissant, je me suis rendue compte qu'être adulte n'apporte aucune réponse aux questions existentielles que j'ai pû me poser étant enfant et pire, que l'âge apportait encore plus de questions et encore moins d'éléments de réponses...

Mes demi-dieux n'en sont finalement pas, ils sont faillibles et portent en eux les forces et les faiblesses qui font ce qu'ils sont aujourd'hui. Ils pleurent, souffrent parfois en silence et se perdent souvent dans les méandres de leurs sentiments.

Je croyais qu'en vieillissant on atteignait une sorte de sagesse, un savoir absolu, une force tranquille. Je me rends compte que ce n'est pas le cas, que nous avons tous un côté "écorché vif" que nous dissimulons avec plus ou moins d'habileté à la face du monde et surtout à nos proches.

En devenant parent on expérimente les doutes et les incertitudes de nos parents, les moments de solitude, l'impression d'être désarmé ou totalement dépassé. Mais tous ça, il me semble qu'on le découvre au pied du mur, quand la tempête souffle et que la mer est déchaînée! Personne ne nous prévient vraiment de ce qui nous attend...

Mes repères s'effondrent depuis quelques années et j'ai l'impression de découvrir la vie d'une autre manière: avec des nuances dans les prises de position, des exceptions aux règles imposées et des failles dans les systèmes établis.
Je me sens déstabilisée, parce que tous ces adultes que j'avais cru indestructibles sont au final aussi fragiles que moi...

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02 mars 2016

En refermant doucement la porte...

Plus de 80 ans de ta vie dans ces quelques pièces... Au travers de livres, de tableaux, de photos et de tellement d'autres choses.
Ces murs renferment les secrets qu'il aura fallu garder, parce qu'à l'époque ça ne se faisait pas. Tes filles t'ont empêché à l'époque de vivre ce nouvel Amour et se plaignent aujourd'hui de ne pas être plus présentes dans les souvenirs de cette maison... Qu'est ce que tu as dû souffrir... De toute cette rancoeur, de tous ces non-dits. J'ai toujours connu l'existence de cette 2ème grand-mère, parce que mes parents et surtout ma mère avaient fait le choix de ne jamais nous mentir. C'était quelqu'un de généreux, qui n'attendait qu'une chose, qu'on l'accepte, qu'on accepte votre vie et votre amour. ça faisait quand même plus de 30 ans que vous étiez ensemble quand je suis arrivée, ça a toujours été une évidence pour moi puisque je n'ai connu que cette situation: un papy, 2 mamies. Et puis hier je suis tombé sur un arbre généalogique que tes filles avaient confectionné pour toi en 2000: une façon de bien te rappeler que ta famille était celle que tu avais fondé avec notre grand-mère, et que ta nouvelle vie n'avait pas sa place... Quelle délicatesse! J'en ai les larmes aux yeux quand j'y pense. 
Elles s'étonnaient hier que ma mère, ta belle-fille, avait réussi à te faire faire certains tris chez toi alors qu'elles, tu les avaient envoyées promener! Ma mère a toujours oeuvré pour que tu voies tes petits-enfants, que ton fils retisse les liens, que ta femme fasse partie de nos vies. Leurs enfants à elles avaient 16 ans quand ils ont appris que Papy ne vivait plus avec Mamy, qu'il n'était pas en déplacement toute la semaine et qu'il y avait quelqu'un d'autre dans son coeur depuis bien longtemps. Elles s'étonnaient également que tu ne te sois jamais vraiment épanché sur tes sentiments... Je ne suis pas certaines qu'elles t'aient laissé la possibilité de le faire... 
Revenir dans ta maison, ouvrir les armoires et les tiroirs c'était une sensation étrange. C'était comme si j'ouvrais la porte de tout ce que tu avais dû cacher. Je me suis sentie intruse et j'avais en même temps envie de saisir une dernière fois l'instant, cette odeur particulière des choses anciennes, les joies et les bonheurs que tu avais quand même pû vivre malgré les circonstances.
J'ai récupéré hier des souvenirs de toi, des photos de vous, des petites choses qui me permettront de parler à mes filles de leur Papy Moustache et des bons moment que j'ai passé avec vous 2. 
Je suis partie doucement, sur la pointe des pieds, comme pour ne pas te déranger, j'espère que tu ne m'en voudras pas d'avoir emporté avec moi quelques miettes de ta vie...

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16 septembre 2015

Le jour se lèvera encore...

Le jour se lèvera encore sur mes doutes et les incertitudes, sur mes colères et mes coups de gueule. Il se lèvera sur ce monde un peu fou, que je ne comprends pas toujours, que j'ai parfois du mal à accepter. Il se lèvera au milieu de la peur, de la haine qui gronde, des conflits et des horreurs aussi...

Mais le jour se lèvera aussi sur l'espoir que les choses s'apaisent, que les gens évoluent, que les mains se tendent un peu plus. J'ai besoin d'y croire, pour elles, parce qu'elles ne sont qu'à l'aube de leur vie, parce qu'elles n'ont rien demandé, parce que je leur dois au moins ça. Mais pas seulement. J'y crois pour eux aussi, parce que j'ose espérer que nous ne sommes pas dépourvus d'Humanité et que la Fraternité est une valeur française mais également universelle. Et j'y crois enfin pour moi. Parce qu'il y a des signes qui ne trompent pas...

Il faut parfois être patient, prendre sur soi, tomber, se relever, recommencer, pour finalement avancer.
J'avance... Doucement, mais j'avance...

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25 juillet 2015

Je n'aime pas ce que tu es devenu (e)...

Je n'aime pas ce que tu es devenu(e)...
Tu étais pour moi un repère, un guide, un des piliers de ma vie. Et sans prévenir tu as tout fait voler en éclats.

En fait, si... Tu as prévenu, mais je n'ai rien voulu voir. Je suis restée perdue dans mes souvenirs, dans ces moments de doutes où tu as su me faire grandir, où j'ai cru en moi et en toi surtout.

Je m'en veux d'avoir été aussi naïve, d'avoir pu croire que tu serais à jamais là à mes côtés, que tu serais sans faille et que ce lien qui nous unissait ne se briserait jamais...

Aujourd'hui j'ouvre enfin les yeux et je sais qu'il n'y a plus de place pour toi dans ma vie. Les souvenirs finiront par s'effacer, ils seront remplacés par d'autres, bien plus sincères et tellement plus précieux...

Je ne te remercie pas, celle que je suis aujourd'hui s'est construite seule, tu n'y es pour rien, je ne te dois donc rien.

Je ne te souhaite ni le pire ni le meilleur, la vie se chargera probablement de ton sors, je ne m'en fait pas.

Adieu...

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09 janvier 2014

Mes filles, ma bataille...

Régulièrement, et encore très récemment, les gens confondent mes filles; hésitent sur leurs prénoms, ne savent pas qui est qui...

ça m'énerve... ça me fait mal... Je me sens coupable de leur faire subir ça et en même temps je suis en colère contre les gens: c'est quoi le problème? Elles sont 2, ok, mais elles ne se ressemblent tellement pas!!! Elles n'ont en commun que leur date de naissance! Elles ont des prénoms qui n'ont aucun lien, elles ont la bouille de 2 soeurs, et encore...
Alors quoi? Toute leur vie on les appelera "les jumelles", on dira leur 2 prénoms à la suite pour être sûr de ne pas se planter, elles porteront systématiquement le prénom de leur soeur?
2 enfants d'âge différent dans une même famille, on sait les reconnaître? On ne se trompe pas de prénom? Là c'est pareil...
Par pitié, faites un éffort! Si ce n'est pas pour moi, faites le pour elles!!!  

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09 décembre 2013

Est-ce que les chrysalides deviennent toujours des papillons...?

Je me souviens d'un après-midi où ma belle-mère me montrait les photos de famille; sur l'une d'elle, elle, en bikini, avec un joli petit ventre.
"Ah tiens, là tu étais enceinte?! Tu en étais au début de ta grossesse, non?!
-Non, là j'avais déjà accouché, je n'avais juste pas perdu mon ventre
-...!!!..."

C'est à mon tour aujourd'hui... Pas d'avoir eu droit à une remarque maladroite, mais à mon tour d'avoir ce petit ventre, témoin de ma grossesse déjà ancienne de 8 mois. Il n'est pas vraiment rond, puisque j'ai perdu tous mes kilos pris pendant la grossesse, il est juste flasque, élastique et moche... Il est encore tout frippé et malgré les crèmes et les huiles miracles, il n'a pas l'air de vouloir se lisser.

Je devrais être fière de ces cicatrices, de ce qui témoigne de mes 2 grossesses... J'en ai presque honte... Je me sens abîmée et pas réparée, comme une baudruche qui ne se serait pas totalement dégonflée...

"9 mois pour faire, 9 mois pour défaire..." Il me reste 1 mois mais je ne pense pas que dans 1 mois j'aurais retrouvé ce corps qui me semblait plutôt attirant, sexy, féminin...

Est-ce que je vais devoir m'habituer définitivement à ce corps? Est-ce que les choses vont s'améliorer un peu? J'ai conscience que je ne retrouverais jamais le corps de mes 20 ans mais vais-je porter les stigmates de la grossesse jusqu'à la fin de mes jours? Quand on a eu des enfants on n'a plus le droit d'avoir un joli corps?

J'ai du mal à accepter tous ces changements...


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27 octobre 2013

"Tu as choisi? Tu assumes!!!"

Petite baffe cette semaine de la part de mon frangin adoré, quand il a répondu à une absence par un "Tu as choisi d'habiter loin de nous? C'est ton problème!" Alors, oui, effectivement, j'ai fait le choix de partir loin pour pouvoir me construire, loin d'un contexte familial à l'époque assez chaotique, mais je n'ai pas choisi d'être seule, isolée, sans aide particulière!

 

J'ai choisi d'avoir des enfants rapprochés (3 en 17 mois c'est un joli score...), de vivre loin de certains problèmes mais encore trop proches de certains autres, de rester à la maison pour élever mes enfants et de n'avoir rien à devoir à personne. Ok. Jusque là, rien d'anormal...

 

Mais ce n'est pas parce que j'ai fait tous ce choix-là, en mon âme et conscience, que je n'ai pas le droit de trouver ça dur et de l'exprimer de temps en temps!!!

Je fais face la plupart du temps, sans courber l'échine, à toutes les merdasses possibles et imaginables, ça va de la panne de lave-linge pendant 10 jours à la rhino-pharyngite que les 3 se refilent pendant 4 semaines, avec les rendez-vous kiné respi, les bilans médicaux, la rééducation périnéales et les absences de la nounou, la suspension de carte vitale parce que mon employeur est un abruti, j'en passe et des meilleures... Mais je ne suis qu'humaine et oui j'avoue, c'est difficile...

C'est dur d'être loin de chez soi, avec pour seule famille ce nouveau cocon habité par des petits êtres de moins de 3 ans, avec un mâle qui bosse comme un taré et une belle-famille à l'ouest complet... C'est dur d'être mère d'une famille nombreuse à même pas 30 ans, de voir de moins en moins ses potes parce que "tu comprends, c'est une soirée entre adultes" et que je n'ai aucune envie de confier mes enfants à une inconnue, même quelques heures. C'est dur encore de n'avoir personne à qui confier la prunelle de ses yeux pour pouvoir souffler ne serait-ce que 2h de temps en temps pour faire autre chose ou simplement dormir...

 

J'ai choisi et j'assume!!! je l'ai toujours fait et je ne suis pas de celles qui manqueraient à leur devoir mais par pitié ne mélangez pas tout... Ce n'est pas parce que j'appelle au secours de temps en temps que je n'assume pas mes choix... 

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07 mai 2013

Prendre soin...

Je l'ai choisi, dans ma vie pro et dans ma vie perso, c'est ce que je fais de mieux: je prends soin.

Je prenais soin de mes patients, comme j'aurais aimé qu'on le fasse pour moi. J'essayais de prendre le temps, de les rassurer, de les écouter, de passer un moment avec eux.

Je prends soin de mes enfants et de mon mari. Je veille à ce qu'ils aient tous à manger, des habits propres, à ce que leurs angoisses disparaissent, à ce que leurs nuits soient douces et paisibles.

Je suis satisfaite quand tout mon petit univers tourne rond, que tous vont bien, mais j'ai cependant une question: qui prend soin de moi?

Le mâle est un père génial, un homme fort et courageux, un mari présent. Je ne peux pas le nier, il est exceptionnel. Mais il est débordé...

Ma belle-famille... C'est compliqué... C'est mieux que je fasse comme s'ils n'étaient pas là...

Ma famille... La téléportation n'existe pas, c'est bien dommage!!!

Et alors donc? Qui? Qui tait mes angoisses vis à vis de mes filles? Qui soulage mon dos quand je les ai portées à bout de bras toute la journée et toute la nuit? Qui me permet de m'échapper quelques heures? Qui me prépare quelques petites douceurs, un bain chaud, un petit moment pour moi?

Est-ce que devenir parent ça veut dire que plus personne ne va s'occuper de moi? Prendre soin de moi quand je prends soin des miens? Est-ce qu'il va falloir que j'attende d'être vieille et impotente?

Pas très joyeux ce post, mais aujourd'hui je suis fatiguée et très franchement j'aimerais bien arrêter le temps, dormir plus de 3h d'affilée, être un peu chouchoutée...

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15 janvier 2013

"All in" pour un brelan de gardes...

3 rempla, 3 nuits pourries, 3 possibilités de perdre mon diplôme à tout instant...

Je suis diplômée depuis peu, je ne sais pas encore où me fixer; à l'époque je suis célibataire, sans enfant, sans attache, rien ne m'oblige à trouver quelque chose de fixe. Je me lance donc dans la grande aventure de l'intérim. Les appels à n'importe quelle heure, pour aller remplacer au pied levé, au fin fond de la campagne ou à Petaouchnok dans la demi-heure qui suit. J'aime bien, je vois plein de services différents, ça m'apprend beaucoup de choses, notamment la débrouillardise, la confiance en moi et les responsabilités.

Appel donc un vendredi soir pour un rempla sur 3 nuits dans un hôpital semi-privé plutôt réputé, bien payé, aux urgences.
Je suis dispo, j'aime bien les urgences, "let's go"!

J'arrive sur place et là on m'annonce qu'en fait je ne suis pas vraiment aux urgences mais à "l'hébergement" des urgences et que comme le service des urgences est plein je vais devoir me débrouiller seule, mais y a un téléphone, hein, vous serez pas totalement isolée! Moui... Là, déjà j'aurais dû commencer à me méfier...

Nuit 1

J'arrive donc dans mon service, ou devrais-je dire dans le bout de l'ancien service de gynéco, qui a été vite fait réhabilité pour accueillir les urgences qui dégueulent (soyons clairs, je récupère en gros le trop plein des urg, ni plus, ni moins...)
La pharmacie est... vide, restent quelques sapsfons, quelques solutés, un fond de matériel de base, des plaquettes de médicaments les plus courants et... c'est tout!
La fille de l'aprèm me fait les transmissions, il n'y a que 3 patients, ça devrait être jouable. Des patients cardiaques, les traitements pour la nuit sont prescrits, la marche à suivre est plutôt simple.

Milieu de nuit, tour de contrôle et là petite hypo costaud d'une de mes patientes, sur appel de l'IDG (Interne De Garde), je dois resucrer. Alors... Où est-ce que je trouve les solutés adéquats? Je fouille partout, fais tous les placards puis je cours dans le service voisin appeler à l'aide! "Ah ben non, en fait, les ampoules, il n'y en a pas dans ton service!" Normal... Et donc? Je trouve ça où? "Attends, je regarde s'il nous en reste..." Heureusement, leur pharmacie est un peu plus garnie que la mienne et je trouve mes fameuses ampoules; je recontrôle dans la nuit, ça va mieux. Le reste de la nuit ne se présente pas trop mal. Je galère un peu pour les changes (oui mes patients ne sont pas au mieux de leur forme et ils portent des changes qui bien évidement ne sont pas à leur taille...), mais dans l'ensemble après quelques suées, tout le monde dort, je fais mes dossiers et j'attends patiemment la relève du matin.

Nuit 2

En plein forme pour attaquer cette 2ème nuit! J'arrive et là je trouve l'infirmière d'aprèm en train de faire le tour de 18h... (il est quand même pratiquement 21h!!!)
Là aussi, j'aurais dû courir en sens inverse...
Je l'aide donc à finir, elle me fait les transmissions et en gros, il y a 7 patients, elle n'a récupéré aucun traitement, et 2 entrées sont prévues pour la nuit...
Ok... Bon... On commence par quoi?...
Ma collègue partie, je décide d'appeler le cadre de garde en lui expliquant la situation: 7 patients, 2 entrées, des changes pour certains et moi toute seule... Elle comprend quand même que là ça va être chaud les haricots et décide de faire appel à un aide-soignant en intérim pour me filer un coup de main (trop aimable!)
1er problème: résolu...
Ensuite...
Ensuite, je me rends compte que mes patients cardiques, diabétiques, j'en passe et des meilleurs, n'ont eu aucun traitement de la journée... O_o
Comment est-ce possible? J'appelle l'IDG aux urgences pour savoir pourquoi personne n'a eu de traitement de la journée. J'apprends que mon bout de service n'a tourné qu'avec des intérims et qu'apparemment la notion de "commande de pharmacie" ne les a pas effleuré...La pharmacie est encore plus vide et le service d'à côté ne peut pas me dépanner! "Il faut que tu descendes aux urgences t'approvisionner chez eux!" Mon intérim n'est pas là, la première entrée pointe le bout de son nez... Euh... Non ben là ça va pas être possible...Je rappelle l'IDG en lui expliquant que je suis seule, avec des patients du coup plus ou moins stables, sans traitement, que la pharmacie de garde ne peut pas me fournir et que là ça commence vraiment à craindre!
Bizarrement à l'entrée suivante, sur le brancard, j'ai trouvé un plateau dans lequel se trouvaient tous les traitements des patients, rangés par sachets individuels et nominatifs...
Mon intérim arrive enfin... On passe la nuit à courir, à chercher le matériel, à passer d'un patient à l'autre, à les rassurer.
Nuit chargée, mais dans l'ensemble on a réussi à éviter le pire (décompensations en tous genre suite à l'absence de traitements divers sur 24h...)
La relève arrive, je préviens mon binôme et lui dit de prendre peut-être les devants pour la nuit suivante afin d'être prévu sur les plannings dès le début et de ne pas être obligé d'arrivé en urgence à 23h.

Nuit 3.

Dernière nuit... Oufff... On court, on court, mais ça va mieux, on est rôdé. 11 patients à 2, 5 changes complets, des patients qui font facilement le double de mon poids et vu le gabarit de mon binôme je dirais qu'à deux on fait pas leur poids, mais ça va, même pas peur et même pas mal au dos pendant les tranferts sans roll board...
Le mieux c'est le lendemain matin... La relève arrive (toujours une intérim); je lui fais les transmissions, je lui explique en 2 mots le marathon des nuits précédentes et là elle me regarde et me dit: "Bah écoute, non... En fait, je vais pas prendre cette mission, je vais rentrer chez moi!" Hein?! C'est une blague?
Après négociations, j'ai quand même réussi à lui faire comprendre que globalement après 3 gardes comme ça, j'avais pas forcément envie de rempiler pour la journée, et que là c'était pas à moi de décider si oui ou non elle allait pouvoir refuser la mission, qu'il y avait le numéro du cadre de garde et que si elle voulait, elle pouvait discuter avec. Elle a finit par accepter en râlant... Je suis partie, je n'ai jamais sû si elle a abandonné son poste ou non...

Voilà, en 3 nuits, j'ai posé 3 fois mon diplôme sur table... Parce que le service n'était pas adapté, parce que les moyens n'étaient pas mis en place pour que les patients soient correctement pris en charge, parce qu'il n'y avait pas assez de personnel... Je n'avais pas non plus suffisamment d'expérience pour gérer tout ça mais j'ai fait de mon mieux... Je n'ai pas fait d'intérim longtemps pour toutes ces raisons. On est beaucoup à renoncer pour de telles conditions de travail. Est-ce que les cadres se rendent vraiment compte de tout ça?

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05 décembre 2012

"Sois grosse et tais-toi!"

Voilà ce que j'ai ressenti hier en recherchant une tenue potable pour les fêtes de fin d'année.
Alors en taille 36 à priori il y a du choix, des trucs plutôt sexy, colorés et tout et tout... Mais en taille 36 femme enceinte?! Je vous le donne en mille: il n'y a rien... Des sacs à patates, des trucs informes ou bariolés, style déguisement et je ne vous parle même pas des dizaines de tops décorés avec les messages kitsch "bébé à bord" ou "c'est pour bientôt"...

Alors quoi? Quand on est enceinte on a juste le droit de grossir, de se réjouir et de se la fermer, parce que quand même "pense à celles qui ne peuvent pas!" Il y a des magasins spécialisés où acheter une seule tenue te coûte un bras, mais les magasins les plus courants et les plus "abordables" ne sont vraiment pas amis avec les futures-mères!

Pour le moment j'arrive encore à jongler avec des chemises-tuniques, des pulls amples et des pantalons taille ultra basse mais je sens que dans quelques semaines je vais finir par devoir investir dans des plaids Ikea et me coudre des fringues hiver moi-même... ( oui parce que j'ai beau pas être bien costaud, 2 bébés ça va finir par prendre de la place...)

Si vous avez des pistes d'ici là, n'hésitez pas... Je serais ravie de pouvoir étoffer un peu ma garde-robe! ;-)

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