En étant petite, je me suis souvent imaginée que les adultes qui m'entouraient savaient tout, géraient tout, encaissaient tout. Qu'ils ne pleuraient pas, qu'ils respectaient les règles (fixées par la société et la bienséance), bref, qu'ils étaient des demi-dieux que j'avais soigneusement mis sur des piédestaux.

Et puis en grandissant, je me suis rendue compte qu'être adulte n'apporte aucune réponse aux questions existentielles que j'ai pû me poser étant enfant et pire, que l'âge apportait encore plus de questions et encore moins d'éléments de réponses...

Mes demi-dieux n'en sont finalement pas, ils sont faillibles et portent en eux les forces et les faiblesses qui font ce qu'ils sont aujourd'hui. Ils pleurent, souffrent parfois en silence et se perdent souvent dans les méandres de leurs sentiments.

Je croyais qu'en vieillissant on atteignait une sorte de sagesse, un savoir absolu, une force tranquille. Je me rends compte que ce n'est pas le cas, que nous avons tous un côté "écorché vif" que nous dissimulons avec plus ou moins d'habileté à la face du monde et surtout à nos proches.

En devenant parent on expérimente les doutes et les incertitudes de nos parents, les moments de solitude, l'impression d'être désarmé ou totalement dépassé. Mais tous ça, il me semble qu'on le découvre au pied du mur, quand la tempête souffle et que la mer est déchaînée! Personne ne nous prévient vraiment de ce qui nous attend...

Mes repères s'effondrent depuis quelques années et j'ai l'impression de découvrir la vie d'une autre manière: avec des nuances dans les prises de position, des exceptions aux règles imposées et des failles dans les systèmes établis.
Je me sens déstabilisée, parce que tous ces adultes que j'avais cru indestructibles sont au final aussi fragiles que moi...